Canadian Club
Nos agriculteurs en sont à récolter le blé, le maïs, le seigle, l’orge et les autres grains qui font de nous le silo de l’Amérique du Nord. Cette abondance ne date pas d’hier et, lorsque les immigrants français, irlandais et écossais ont pris connaissance des capacités arables des terres d’ici, il n’a pas fallu longtemps pour qu’ils se mettent à pratiquer la distillation héritée de leurs ancêtres. La production d’alcool, notamment de whisky au Canada a toujours été une industrie forte. En effet au milieu des années 1800, plus de 200 distilleries étaient en activité entre les deux grands océans. Une distillerie se démarque, tant sur le marché local qu’à l’international, et j’ai nommé : « Walker and Sons », basée en Ontario et qui est à l’origine du célèbre « Canadian Club Whisky. »
Commençons par un brin d’histoire… Hiram Walker, un épicier de Détroit, aussi détaillant en grains, décide un jour de distiller son propre vinaigre de cidre afin d’augmenter ses profits. L’entreprise fonctionne si bien, qu’il décide de se lancer dans la production de whisky. Au grand dam de Walker, l’état du Michigan commence à vouloir « s’assécher » et entreprend de faire passer un ensemble de lois puritaines, visant à faire prohiber la production et la consommation d’alcool. Hiram, transporte alors ses pénates de l’autre côté de la rivière Détroit et se procure des terres en Ontario, alors « Haut-Canada. » Il achète des lots, qu’il fait défricher, y cultive le grain et fait construire une distillerie aux abords de la rivière. Les affaires marchent relativement bien pour Walker, et il continue à acheter de plus en plus de terres, faisant aussi l’élevage de bétail qu’il nourrit avec les résidus de la production de sa distillerie. Walker en vient à construire des maisons, qu’il loue à ses employés et l’on voit tranquillement apparaître Walkerville; une municipalité où l’immense majorité travaille, et paye loyer, à Hiram Walker.
À l’époque, on achetait le whisky, chez l’épicier, en remplissant des cruches directement de barils anonymes. Walker commence à se démarquer en apposant un logo sur son whisky, le rendant reconnaissable, ce qui permet aux gens d’exiger le whisky « Walker and sons. » Autre fait important, le whisky n’était guère vieilli, les lois, régissant l’appellation du produit et les standards qui garantissent aujourd’hui sa qualité, n’ayant pas encore été rédigées. Sur ce point crucial, Walker innove encore : son whisky est vieilli pas moins de six ans, dans des fûts de chêne, avant d’être mis en vente. Il en résulte un produit beaucoup plus doux et raffiné que ce que le marché de l’époque a à offrir. Un dernier point majeur vient mettre en relief la qualité du Canadian Club; le gouvernement canadien adopte le « Bottled in bond » en 1883. Grâce à cette loi, les distillateurs peuvent embouteiller leurs produits et y apposer un timbre garantissant la provenance, la qualité et l’âge du spiritueux. Hiram Walker profite de cette occasion et galvanise sa marque haut de gamme, le « Three Star Club », qui deviendra le « Canadian Club premium whisky »
La rumeur veut que ce soit le gouvernement américain qui ait obligé la mention « Canada » à être imprimée sur les bouteilles de CC, mais c’est mal connaître Hiram Walker qui n’était pas du genre à s’en laisser imposer. Si le « Club » est « Canadien, » c’est d’abord afin de le distinguer du scotch, du whiskey irlandais, et du bourbon. Ce n’est pas simplement une question régionale, ça a aussi beaucoup à voir avec la façon dont le whisky est conçu. Walker utilise un alcool neutre de maïs, auquel il mélange des spiritueux de seigle pour y ajouter du goût. Ce mélange, et c’est un trait distinctif, se fait avant la mise en fût, produisant la souplesse recherchée et qui est devenue la grande caractéristique du Canadian Club.
C’est cette même souplesse qui fait du Canadian Club, un excellent ingrédient dans la confection de cocktails. C’est d’ailleurs la versatilité et l’indéniable qualité du produit qui fait que nous l’arborons fièrement au-dessus de notre bar.
Il serait difficile de parler du CC, sans évoquer la grande ère de la prohibition. En effet, lorsque nos voisins du Sud ont cessé de produire de l’alcool, c’est le Canada qui étancha la soif des Américains dans les « speak easies » et autres bars clandestins de l’époque. D’ailleurs, plus de 80% de l’alcool entrant aux États-Unis entre 1920 et 1933 provenait du Canada. Le CC n’était pas étranger à ce phénomène. Prisé comme étant le « real McCoy » et ayant donné naissance aux « bootleggers; » notre whisky-vedette s’est fait l’ami de plusieurs « importateurs » de l’époque, dont le célèbre Al Capone. C’est là une autre histoire, et il nous faudra traiter des « Roaring Twenties » et des « Dirty Thirties » dans une prochaine édition consacrée à la prohibition et à son impact culturel sur l’Amérique.
En terminant, notons que CC appartient désormais à « Beam Global Wine and Spirits » et qu’il représente leur quatrième produit en importance. Avec plus de 2.5 millions de caisses vendues annuellement, c’est un des whiskys les plus consommés à travers le monde.
Disponible dans nos deux succursales dans ses expressions « Premium » (vieillit 6 ans) et « Classic » (vieillit 12 ans) découvrez à votre tour pourquoi votre père en buvait!
Ce billet a été publié le 1 octobre 2009 à 9:09
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Bonjour,
J’ai eu le plaisir d’apprécier au QUÉBEC le whisky « Canadian Club Classic 12″ carte noire.
J’aimerai le retrouver en France dans le Tarn ou Toulouse.
Je suis en quête de magasins de vente de ce produit.
Merci pour la réponse.
Wallaert Serge