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Le Bal des Sorcières

Selon des coutumes anciennes et certaines croyances païennes, il existerait des journées plus favorables que d’autres pour s’adonner à la sorcellerie. Portant le nom de «Sabbat», on compte pas moins de huit de ces nuits fort propices au spiritisme, dont les deux solstices font par ailleurs partie.

Lors de ces célébrations des forces vitales de la nature, incarnée par un Dieu cornu – souvent lui-même personnifié par un druide – on raconte que des sorcières se réunissaient autour de grands banquets et allumaient d’immenses feux de joie.

Samhain, 5e siècle avant J.-C., mieux connu sous le pseudonyme d’«Halloween», est sans doute le plus célèbre des Sabbats. Célébrant la fin officielle de l’été, le Nouvel An et la troisième et dernière récolte, la veille de la Toussaint est l’occasion de s’approvisionner pour l’hiver qui vient. Cette nuit, celle du 31 octobre, les frontières séparant notre monde et celui des morts deviennent très minces, ténues, voire inexistantes. Les esprits peuvent alors se mouvoir en toute liberté de «notre côté», nous posséder et ainsi avoir la chance d’accéder, une fois encore, au monde matériel. De là l’importance des feux : non seulement ils permettent à nos ancêtres de nous retrouver, mais ils éloignent par la même occasion les esprits mal intentionnés.

Comme les siècles passent, d’abord sous le joug romain puis les hérésies catholiques, Samhain subit plusieurs métamorphoses. Au 9e siècle, Halloween devient l’occasion d’effectuer un retour sur soi. On sacrifie les animaux trop faibles pour passer au travers de l’hiver. On en profite aussi pour écrire nos faiblesses sur un bout de papier que l’on brûle après coup afin de se libérer de ses mauvaises habitudes.

C’est au 12e siècle, en Europe, et ce jusqu’à la fin du 18e, que sévit «la chasse aux sorcières» lancée par l’Église catholique. Des milliers «d’hérétiques», majoritairement des femmes, furent alors injustement exécutées. Selon certaines sources, on estimerait à environ 200 000 le nombre de victimes de ces massacres. L’hystérie n’est pas sans toucher l’Amérique du Nord et, chez nos voisins du Sud, la ville de Salem, bien qu’on y ait exécuté que 25 «suppôts de Satan », est aujourd’hui légendaire.

Cette nuit du 31 octobre, et ce jusqu’à minuit, est donc le moment propice pour éveiller la nécromancienne ou le sorcier qui sommeille peut-être en vous. Ouija, divination, tarots, exploration de vos vies antérieures : les portes de l’au-delà vous sont grandes ouvertes. Si vous souhaitez retrouver le cœur de l’être aimé, combiner dans une marmite 3 onces de vin rouge, miel, 3 onces d’hydromel, 3 cubes de sucres roux. Pour un envoûtement de fidélité, remplacez le vin rouge par du blanc et l’hydromel par un alcool blanc (rhum, vodka, gin). Et puisque le cœur humain est changeant et qu’on ne saurait prévoir ses inclinaisons futures, sachez qu’on utilise l’absinthe pour désenvoûter.

Il existe aussi une recette toute simple de philtre d’amour testée et approuvée par bon nombre de buveurs : le verre de trop. Mais on ne saurait garantir ses effets à long terme…

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Ce billet a été publié le 1 octobre 2009 à 9:02
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