Le Mojito
La réputation du Mojito, ce cocktail estival à base de rhum, menthe et lime, n’est certes plus à faire : comme nous le mentionnions le mois dernier, cette mixture est, et ce depuis les tous débuts de la Distillerie, le breuvage chouchou de nos clients. Alors, après en avoir consommé assez pour connaître son goût – et ses effets! – par coeur, que reste-t-il à savoir sur le très célèbre Mojito?
Au risque de se répéter, il nous semble toutefois indispensable de repasser par dessus les vagues origines du Mojito. Né entre 1850 et 1920 (alors que l’industrie du rhum se modernise à La Havane), le cocktail serait, selon certains, l’héritier légitime d’un autre altérateur de sens, le El Draque, qui, dès le 16e siècle, était composé de lime, menthe et d’une eau de vie de canne à sucre, ancêtre du rhum, de qualité très discutable. C’est d’ailleurs la piètre qualité du spiritueux qui aurait jadis poussé les Cubains à en camoufler le goût désagréable avec un peu de verdure. D’autres sources, pour leur part, croient que c’est la popularité planétaire du Mint Julep des Américains qui aurait inspiré les habitants de la Cité des Colonnes. Un Mojito serait donc une adaptation du Mint Julep, à base de rhum.
En ce qui a trait au nom de baptême de la concoction, encore une fois, le doute règne. D’aucuns vous diront qu’il fait référence à «mojo», un assaisonnement à base de lime utilisé dans la cuisine cubaine. Plusieurs croient pourtant que «mojito» est une déformation du mot espagnol «mojodito» qui signifie «un peu mouillé». Souvent, on s’entend pour dire qu’il y aurait un peu des deux dans un même verre.
C’est le bar-restaurant La Bodeguita del Medio, toujours à La Havane, qui aurait popularisé le cocktail, et ce, dès l’ouverture, c’est-à -dire en 1942. L’établissement est encore aujourd’hui reconnu pour ses Mojitos et gageons que cette célébrité ne tient pas seulement au talent hors pair de ses tenanciers de bar. En effet, La Bodeguita est réputé pour avoir servi des Mojitos aux Pablo Neruda, Gabriel Garcia Marquez, Salvador Allende, Gabriela Mistral et Brigitte Bardot de ce monde. Ernest Hemingway avait, lui aussi, adopté l’endroit lors de son séjour à Cuba : sont, quelque soixante ans plus tard, toujours affichés fièrement au dessus du bar les mots «My mojito in La Bodeguita.», signés de la main de l’auteur du «Viel homme et la mer».
Et, si on en croit les rumeurs, Hemingway s’y connaissait somme toute un peu, question cocktails…
Ce billet a été publié le 3 mai 2010 à 7:53
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