Catégorie: Gueule de bois

La nuit des morts-vivants

Trop trop trop tard. Le soleil est levé depuis déjà un bon moment, et je sors prendre de l’air sur le balcon, verre à la main. Wow, on dirait que j’ai réussi à passer au travers : un autre anniversaire. «Une de plus, une de moins» qu’ils disent… On dirait que ça peut être vrai pour beaucoup de choses, pas juste les années. La ville est silencieuse, déserte. EN SAVOIR PLUS…

Catégorie: Histoire de Pub

Donn Beach

On dit de la Nouvelle-Orléans qu’elle a vu naître sur son territoire le premier cocktail. Si le mouvement «tiki» a, pour sa part, vu le jour en Californie, son guru, lui aussi, poussa
ses premiers cris à la «Big Easy». Donn Beach, né Ernest Raymond Baumont-Gantt, est considéré comme étant le père du faux-polynésien. Excentrique visionnaire, il était tout naturel de lui réserver un minimum de lignes dans cette édition spéciale.
Après avoir parcouru le monde et oeuvré dans le domaine de la contrebande d’alcool pendant la prohibition, le jeune Baumont-Gantt atterrit à Hollywood, la cité des anges.
Même s’il n’a pas le moindre sou en poche, son charisme légendaire lui ouvre les portes d’un petit local dans lequel il établira le premier établissement de «Don the Beachcomber» en 1934. Les cocktails de la carte, comme le Singapore Sling, sont inspirés de ses voyages et le rhum y est à l’honneur. Une question de goût? Pas vraiment…
Dans une Amérique au lendemain de la prohibition, bon nombre de trafiquants d’alcool sont aux prises avec un surplus de stock. C’est en outre le cas des «Rum Runners
»; un baril de rhum est donc ce qu’il y a de plus abordable sur le marché. Récapitulons
: cocktails à base de rhum et décoration
exotique (plusieurs des éléments du décor étaient des souvenirs de voyage de Donn) : mais qu’en est-il de la nourriture? À cette époque où il est à nouveau légal de consommer et de servir de l’alcool, il n’est toutefois pas possible
de le faire sans accompagner la consommation d’un repas. Donn ne connaît rien en cuisine : c’est en effectuant des emplettes à l’épicerie
chinoise du quartier que son problème de cuisinier se résout. En effet, le cousin de l’épicier, un cuistot en recherche d’emploi,
se chargera de l’élément «nourriture». Donn installe un coin-cuisine, juste assez grand pour contenir un wok et son manipulateur,
et fixe les prix des cocktails assez bas, afin que la clientèle féminine arrive à se les payer : en attirant les femmes, il attirera
les hommes!
Le boui-boui exotique de 25 places connaît un succès immédiat! Il faut y faire la file pendant souvent plus d’une heure avant de tenir enfin un Zombie ou un Missionnary’s Downfall entre ses mains. L’endroit est fréquenté
par plusieurs vedettes de l’époque : il n’est pas rare de voir à son bar Charlie Chaplin, Buster Keaton, Orson Welles et Rita Hayworth. Les cocktails classiques, Martini et compagnie, sont préparés devant le client. En ce qui a trait aux concoctions maison à base de rhum, elles sont savamment
agencées en cuisine, à l’abri des regards,
par les «Four Boys». Ces quatre garçons
travaillant dans l’ombre sont de jeunes bartenders originaires des Philippines. Le seul cocktail préparé par Donn, véritable «showman», est le «Don the Beachcomber’s
Coffee Grog», une mixture élaborée et flambée, un breuvage
spectacle aussi haut en couleur que son créateur.
Donn a voulu attiré les femmes, et les femmes
sont venues. Une d’entre elles, Irene «Sunny» Sund, totalement sous le charme de ce cabanon, emprunte pour se payer la place de présidente de Don the Beachcomber’s,
Inc. Et, totalement sous le charme de son propriétaire, l’épouse. À cette époque, Baumont-Gannt a finalement laissé tomber
son nom de baptême au profit de son pseudonyme. Ils prennent possession d’un local spacieux tout près et déménagent l’entreprise au 1727 McCadden Place. On y compte dorénavant 80 places, une boutique-
cadeau, une épicerie chinoise, un entrepôt
de rhum et un fleuriste. La popularité toujours croissante du restaurant les force rapidement à fermer l’épicerie et le fleuriste;
on ajoute de nouvelles tables et les «Four Boys» deviennent les «Seven».
En 1940, Sunny et Donn se séparent et ce dernier quitte la côte ouest pour Chicago où il ouvre une deuxième succursale de Don the Beachcomber : le palace Polynésien ouvrira un 1er mai, en pleine tempête de neige! Il y travaillera jusqu’en 1942, année où il sert sur le front italien à titre de colonel.
À son retour, il réalise que la franchise, toujours dirigée par son ex-femme, ne l’a pas attendu pour prendre de l’expansion : 16 nouveaux Beachcomber’s ont ouvert leurs portes un peu partout aux États-Unis. Désirant être davantage que l’image d’une marque, et puisque Sunny possédait tous les droits sur le nom «Don the Beachcomber», Donn s’exile à Hawaii.
Il ouvrira un nouveau restaurant à Waikiki et entreprendra un véritable projet d’envergure : la construction d’un village Tiki. Après quelques problèmes légaux, naît enfin le «International Market Place» : un complexe comptant une cinquantaine de magasins, boîtes de nuit et restaurants – dont trois sont dirigés par Donn. Des trois, c’est sans doute le «Donn’s Treehouse» qui est le plus intéressant : la petite maison de bois juchée dans un arbre compte… une table. Sur l’affiche, se trouvant devant l’échelle menant à la cabane, on peut lire : «Stairway to the world’s most exclusive resturant, created for those in love with love. Capacity : two.» Totalement représentatif
de la philosophie se trouvant derrière chacun des complexes créés par le père du mouvement tiki pour qui un restaurant devait
toujours offrir plus que de la nourriture, le Treehouse est une occasion de s’évader du quotidien et du monde moderne.
Donn Beach meurt en 1989, à l’âge de 81 ans. Il aura participé à l’ouverture de 84 bars et restaurants.

On dit de la Nouvelle-Orléans qu’elle a vu naître sur son territoire le premier cocktail. Si le mouvement «tiki» a, pour sa part, vu le jour en Californie, son guru, lui aussi, poussa ses premiers cris à la «Big Easy». Donn Beach, né Ernest Raymond Baumont-Gantt, est considéré comme étant le père du faux-polynésien. Excentrique visionnaire, il était tout naturel de lui réserver un minimum de lignes dans cette édition spéciale. EN SAVOIR PLUS…

Catégorie: Autour d'un tonneau

Bacardi

Le mois de juin est Tiki. Nous lui rendons hommage
comme il se doit; en lui vouant des rhapsodies de rhum. Notre instrument de choix est la grande famille de rhums Bacardi. Vous trouverez dans ces pages un relevé de l’histoire épique du clan Bacardi et, sur nos étagères, vous pourrez choisir parmi leur gamme de produits, lesquels enjoliveront votre soirée.
Bacardi Superior: un rhum blanc, vieilli entre un et deux ans en fûts de chène, filtré à deux reprises, ce qui lui octroie la souplesse qui a fait son renom. C’est le porte-étendard de la marque Bacardi et sa confection
est le résultat direct des efforts de Don Facundo Bacardi, comme vous pouvez le lire dans l’historique détaillé que nous vous présentons.
Bacardi Gold : 14 différents rhums, tous âgés en fûts de chène pendant 2 à 5 ans, servent à élaborer le Bacardi
Gold. Ambré, et offrant un profil de saveur rehaussé,
Bacardi Gold est un ingrédient de choix pour donner vigueur et caractère à un cocktail tout en étant agréable
seul, sur glace.
Bacardi 8 : Âgé de 8 à 16 ans en fûts de chène, ce rhum riche en saveurs de fruits et d’épices révèle
tous les bienfaits de son passage en fûts de chêne. D’une rare profondeur, il est exquis sur glace, et s’ouvre de belle façon lorsque préparé en « Old Fashioned » ou dans notre classique « Castro Flambé.» Pendant plus d’un siècle et demi, il était réservé exclusivement aux membres de la famille Bacardi.
Bacardi Black : Sans contredit, un rhum au grand caractère!
Vieilli plus de 4 ans en fûts de chène, Bacardi Black met son bois de l’avant sans sacrifier les nuances
de ses confrères. Disponible depuis peu, ce rhum a transformé notre « Hurricane » en rehaussant son héritage caribéen. À découvrir…
Bacardi Limon : Ce rhum infusé de citrons, pamplemousses et de limes a brisé tous les records ayant trait à de nouveaux produits
et à leur succès. Ce mois-ci, nous nous en servons dans 2 de nos cocktails vedettes, sans compter qu’il est un ingrédient capital à notre « Blue Hawaii. »
Bacardi Coco : Profitant d’arômes authentiques de noix de coco, le Bacardi Coco est un rhum versatile
figurant de façon répétée sur nos menus. Que l’on pense au « Coco-Christie » au « Blue Hawaii » ou au « Key-Lime Coalda », l’on verra comment Bacardi Coco dépasse les attentes, remplissant très bien son rôle.
Bacardi Big Apple : De pleins barils de pommes Fuji,
Granny Smith et Golden Delicious, entrent dans la confection du Bacardi
Big Apple. Un rhum au goût si clair que l’on s’étonne qu’il ne croque pas sous la dent.
Bacardi Razz : Conçu à partir de baies de Mario,
un hybride entre la mûre et la framboise, et d’infusion de Framboises
fraiches, le Bacardi Razz reste gravé dans la mémoire de tous nos invités qui ont « Le

Le mois de juin est Tiki. Nous lui rendons hommage comme il se doit; en lui vouant des rhapsodies de rhum. Notre instrument de choix est la grande famille de rhums Bacardi. Vous trouverez dans ces pages un relevé de l’histoire épique du clan Bacardi et, sur nos étagères, vous pourrez choisir parmi leur gamme de produits, lesquels enjoliveront votre soirée. EN SAVOIR PLUS…

Catégorie: Le pot-pourri

Tiki? Tiki toé?

«Tiki» est un terme signifiant aussi bien «homme» que «dieu». On appelle «tiki» ces sculptures de bois ou de pierre aux traits grossiers (voire effrayants)
que l’on retrouve
chez les peuples
des îles du Pacifique.
Alors, qu’est-ce qu’un «tiki» a à voir avec des cocktails?
Juste après la prohibition, en 1934 pour être précis, un homme, Ernest Raymond Baumont-Gantt, mieux connu sous le nom de Donn Beach, ouvre un nouveau
genre d’établissement. Son restaurant, Don the Beachcomber, est décoré d’artéfacts polynésiens
et de fleurs. On y sert de la cuisine exotique cantonaise et des cocktails fruités à base de rhum. Véritable paradis, à une époque où les gens n’ont pas les moyens de voyager (nous sommes en pleine crise économique), le petit débit de boisson de Hollywood
est synonyme de bien-être : les problèmes du monde n’existent plus, une fois à l’intérieur. On comprend alors l’engouement général pour l’ovni de Donn Beach… et aussi pourquoi à peine quelques années plus tard, plusieurs autres, dont Victor Bergeron,
s’empressent d’ouvrir à leur tour des restaurants
«tiki».
Le mouvement Tiki est né et bien portant!
Avec la fin de la guerre, la 2e, c’est l’explosion : plusieurs
militaires ont eu la chance, durant leur service,
de visiter les îles du Pacifique et un dîner dans un repère tiki, comme le Seven Seas, Trader Vic’s ou Don the Beachcomber, c’est, en quelque sorte, un peu comme y retourner!
Dans les années 1960, le tiki vole de ses propres ailes et quitte de plus en plus les bars : il est littéralement
partout, dans les hôtels, au mini-golf, au bowling, à la buanderie et même dans certains immeubles
à logements.
Mais toute mode s’essouffle, et le tiki n’échappe pas à la règle. Dès 1970, les «tikis-shacks» de l’Amérique
du Nord ferment un à un. On attribue souvent ce soudain désintéressement de la population à la guerre du Viêt-Nam. En effet, les images de huttes enflammées font le tour du globe et ne sont pas sans rappeler les cabanons de pailles faux-polynésiens.
Alors, est-ce que le tiki est complètement mort?
Non. Après bien des années de «survie» et d’acharnement
thérapeutique, le mouvement qui commençait
vraiment à ressembler à son cocktail signature,
le Zombie, renaît de ses cendres. Les décors hawaïens et les cocktails exotiques n’avaient pas dit leur dernier mot! La dernière décennie a assisté
à l’ouverture de plusieurs bars d’inspiration tiki. La musique y est plus actuelle et les cocktails, entre
autres grâce au travail d’orfèvre de Jeff «Beachbum
» Berry, aussi bons et élaborés que ceux qui sortaient des cuisines de Donn Beach.
Aloha ahiahi!

«Tiki» est un terme signifiant aussi bien «homme» que «dieu». On appelle «tiki» ces sculptures de bois ou de pierre aux traits grossiers (voire effrayants) que l’on retrouve chez les peuples des îles du Pacifique.

Alors, qu’est-ce qu’un «tiki» a à voir avec des cocktails?

EN SAVOIR PLUS…

Catégorie: En garniture

En garniture…

PAR ALEXANDRE LEFEBVRE
& MARIE-ÈVE BOURASSA

PAR ALEXANDRE LEFEBVRE & MARIE-ÈVE BOURASSA

• On reconnaissait aisément Donn Beach à son costume d’explorateur. Il était, en effet, réputé pour le porter en tout temps, et ce, même les jours de congé.

• La consommation de Zombies chez Don the Beachcomber était limitée à deux. Un certain journaliste aurait réussi, un jour, à en boire trois. EN SAVOIR PLUS…

Catégorie: Un vers dans le nez

Code des tiki

Pour plaire à la grande Sunakora,
Souveraine des peigneurs de plages,
Il faut considérer comme lois
Les édits figurant sur cette page.
Le prédominant de tous les prérequis,
Valide en tout temps et partout,
Est de ne jamais être debout
Lorsque l’on peut-être assis.
Il est préférable et très bien vu,
Lorsque la chose est possible,
De s’installer, de son long, étendu
Et d’afficher un air paisible.
Relaxez, quoi que vous fassiez
Sous le soleil ou la pluie drue
Jouir de la vie, est la priorité
Le monde n’est qu’un de point de vue.
Quand le jour fini et que vient la nuit
Aucun passe-temps ne donne plus d’éclat
Aux étoiles qu’un mélange exquis
À base des rhums les plus délicats.
De tous les plaisirs de la vie jouissez
À chaque souci, faites un clin d’oeil
Laissez vos montres sur le seuil
Il est bien plus tard que vous ne le pensez.

Pour plaire à la grande Sunakora,
Souveraine des peigneurs de plages,
Il faut considérer comme lois
Les édits figurant sur cette page.

EN SAVOIR PLUS…

Catégorie: Le classe...hic!

Le Zombie

Grand mal-aimé du monde des cocktails, le Zombie a longtemps été boudé par les Embury et autres «cocktailians» de ce monde.
Est-ce à dire que cette mixture,
pourtant connue de tous, ne soit pas de la trempe des grands classiques présentés dans les pages de nos meilleurs bouquins?
Inventé au début des années 1930 par Donn Beach dans son célèbre «tiki-shack» de Hollywood,
le Zombie a rapidement
été popularisé d’une part par la presse écrite et, d’autre part, à l’Exposition Universelle
de New York (1939-40), où le cocktail enchante/engourdi les foules. Le secret du Zombie?…
…demeure un secret!
C’est que Donn prend un soin bien particulier à ne divulguer rien de l’anatomie de son «bébé». 1. Le client qui commande un Zombie au bar n’aura pas la chance de voir son cocktail prendre vie : c’est en cuisine, à l’abri des regards curieux, qu’un bartender
minutieux, pareil au Dr Frankenstein, assemble les parties de ce monstre de mixture.
2. Même ses acolytes barmen ne connaissent pas tout des mystères du cocktail vedette de Donn -
qu’ils font pourtant en quantité herculéenne. Le Grand Manitou Tiki prend bien soin de brouiller les pistes en utilisant dans sa recette des ingrédients tels que le «Don’s mix», «Spices #2» et le «Sirop Parisienne
» dont il est, évidemment, le seul à détenir la composition.
Certaines rumeurs veulent que Donn ait créé le Zombie pour un client ayant désespérément besoin d’un remontant. Donn prépara du coup cet amalgame
de rhums. Le client, aux anges, en but pas moins de trois avant de quitter «le trou le plus populaire de Hollywood». Il revint, quelques jours plus tard, racontant
que la trouvaille de Donn l’avait transformé
en zombie! Cependant, dans le menu de Don the Beachcomber de 1940, Donn lui-même écrit : «Le Zombie est le résultat d’un long et dispendieux processus. Au court des nombreuses expérimentations
qui menèrent au Zombie, l’équivalent de 3 caisses et demi de différents rhums a coulé afin que vous soyez aujourd’hui en mesure de déguster ce puissant assemblage de rêves brisés.»
Donc, perdu à jamais, la recette du Zombie de Donn Beach? Pas vraiment, et ça, c’est surtout grâce à la persévérance et la passion d’un certain Jeff «Beachbum
» Berry, auteur de plusieurs livres portant sur les cocktails tikis, véritable archéologue du faux-polynésien. Berry a retracé certains bartenders (ou leurs enfants) ayant oeuvré dans la cuisine miracle
de Don the Beachcomber à la belle époque et, de recettes en souvenirs, a réussi à enfin mettre la main sur les secrets du Zombie original.
«Les» secrets en effet : Berry mentionne trois recettes,
toutes différentes, toutes, semble-t-il, signées Donn Beach. La première, parue en 1950 dans le livre
«Barbecue Chef» de Louis Spievak, contient neuf ingrédients : sept d’entre eux sont mesurés à une once. La deuxième, d’une complexité supérieure,
est publiée dans la revue «Cabaret» en 1956. Des onze ingrédients qui la composent, neuf sont utilisés en quantité différente : un casse-tête même pour le meilleur bartender! Dans ce cocktail fruité et savoureux, quatre onces d’alcool sont adroitement
camouflées. Le mot de l’éditeur de Cabaret allait
comme suit : «Sirotez les yeux mi-clos. Répétez jusqu’à l’obtention de l’effet désiré.» La troisième et dernière serait, en fait, la première : l’original Zombie
de 1934! Un tantinet moins alambiquée que la version de 1956, des neuf ingrédients qui la composent,
quatre onces de rhum ont la vedette.
On sait que Donn avait tendance à toujours améliorer
ses recettes : la version 1956 serait, en effet,
la suite «logique» du Zombie original. Quant à la recette recensée par Spievak portant, elle aussi, la signature de Donn Beach, elle aurait été simplifiée
par son créateur pour l’usage à domicile. Même
«simplifié», ce Zombie possède beaucoup plus de corps que les variations grotesques et réductrices
auxquelles on nous a habituées.
À l’époque, alors que le mouvement tiki vivait son âge d’or, chez Don the Beachcomber, pour des raisons
plus qu’évidentes, on ne servait jamais plus de deux Zombies à un même client. C’est que le monstre
cocktail est un brin pernicieux et, à voir l’état dans lequel il laisse son consommateur, on pourrait volontiers croire qu’il se nourrit de cerveau.

Grand mal-aimé du monde des cocktails, le Zombie a longtemps été boudé par les Embury et autres «cocktailians» de ce monde. Est-ce à dire que cette mixture, pourtant connue de tous, ne soit pas de la trempe des grands classiques présentés dans les pages de nos meilleurs bouquins?

EN SAVOIR PLUS…

Catégorie: Le bec verseur

La Maison Bacardi

L’histoire de la maison Bacardi en est une riche en retournements et en succès. Voyons comment
des fils de maçon Catalan ont érigé en empire une des plus grandes compagnies privées
au monde.
Dans le port de Sitges, au début du dix-neuvième
siècle, Magìn, Juan, José et Facundo Bacardi
s’embarquent pour la prospère colonie espagnole de Santiago de Cuba. Ils ouvrent un magasin général et travaillent sans relâche se faisant d’excellentes réputations.
En 1843, Facundo avait suffisamment économisé
d’argent pour lancer sa propre affaire; « Facundo
Bacardi y compania. » Sa situation est bonne, il prend femme et fonde une famille. Il ouvre un second magasin dans une ville voisine
et contemple ce qui semble être un destin clément.
L’an 1852 s’annonce comme une grande épreuve.
Cuba est secoué par des tremblements de terre et une épidémie de choléra prend l’île. Les Bacardi retournent en Espagne temporairement.
À leur retour, Santiago de Cuba a changé
considérablement, plusieurs habitants ayant quitté la colonie. Les temps sont beaucoup plus durs qu’avant leur exil, si bien qu’en 1855, Facundo
doit fermer boutique. Ce premier échec commercial allait être son dernier…
Facundo Bacardi caressait déjà l’idée de fabriquer
des spiritueux. À l’époque l’Aguardiente (eau brûlante) était un produit sans raffinement, devant être mélangé afin d’être rendu digeste. La Couronne espagnole avait jusqu’alors interdit
la production d’alcool pour des raisons morales,
mais venait de retourner sa veste et encourageait
dorénavant ce commerce. Autre fait important, c’est à cette époque que Cuba devient
le premier producteur de sucre en importance
au monde, les suites de la révolution haïtienne
du début du siècle ayant ouvert le marché.
Don Facundo Bacardi, comme on l’appelait déjà,
saisit l’occasion offerte par les multiples facteurs
mentionnés plus haut et commence à effectuer
une série de tests lui permettant de lancer
un produit qui allait révolutionner le monde du rhum. Les mélasses, un sous-produit de la production du sucre, sont en abondance ; Bacardi
choisit donc d’en faire son ingrédient de base. Un des problèmes auxquels les distillateurs
cubains de l’époque doivent faire face est le grand contenu en sucre de la canne cubaine.
Trop de sucre et les levures meurent lorsque
le taux d’alcool produit grimpe trop vite, gâchant
toutes les étapes de production successives.
Don Facundo élève des levures des plus performantes, issues de levures de Cognac, afin d’obtenir une fermentation
optimale des sucres résiduels présents dans les mélasses.
Il réussit tant et si bien que ces mêmes levures sont encore utilisées
aujourd’hui.
Mu par un souci de qualité, Facundo Bacardi expérimente et raffine le procédé de distillation. Afin d’éviter d’avoir un produit ayant un goût trop prononcé, et souhaitant améliorer la qualité
du distillat, Bacardi eut l’idée de filtrer son rhum. C’était une première dans l’industrie; en utilisant du charbon de bois tropical et de noix de coco, Bacardi parvint à obtenir un rhum clair au goût léger et aromatique. Finalement, on assemble
l’aguardiente, qui donne sa charpente au rhum, avec du Redistillado, un autre distillat, stocké à part, et qui confère son goût léger au rhum. Don Facundo Bacardi savait qu’il venait d’élaborer un rhum sur lequel il pouvait apposer
son nom, lui qui n’avait jamais voulu vendre de rhums dans ses commerces vu leur piètre qualité. Le rhum Bacardi venait de voir le jour et s’apprêtait à prendre le monde d’assaut.
Nous sommes en 1862, Don Facundo fait l’acquisition
de distilleries et commence sa production.
À cette époque, la plupart du rhum est vendu en vrac, on remplit des contenants, que les acheteurs apportent avec eux, directement
à partir de tonneaux. Bacardi se distingue
en fournissant ses propres contenants, des bouteilles, et va jusqu’à signer chaque étiquette
de sa propre main. On trouve encore le nom du fondateur de la maison sur le goulot de chaque
bouteille de Bacardi. Autre facteur influant sur la marque, le symbole de la chauve-souris. Lorsque Don Facundo prend possession de sa première distillerie, il découvre une colonie de chauves-souris : présage de chance pour les Cubains. Loin de vouloir chasser les animaux, Don Facundo Bacardi en fait son logo et c’est depuis qu’une chauve-souris en plein vol représente
de façon non équivoque la marque Bacardi
à travers le monde.
En 1877, Don Facundo prend sa retraite et laisse une compagnie en plein essor à ses fils. L’aîné, Emilio, est nommé président et aura à traverser
de grands tumultes. C’est que Cuba entreprend
le mouvement d’indépendance qui devra la libérer de l’Espagne. La famille Bacardi embrasse
le mouvement d’indépendance si bien qu’Emilio sera condamné à la prison à plusieurs reprises. Les Bacardi doivent aussi jongler une situation des plus délicate : l’abolition de l’esclavage
est un des moteurs
de l’indépendance,
soutenu et souhaitable,
mais les combattants
détruisent les plantations de canne à sucre, mettant en péril le commerce du rhum.
Alors que la famille Bacardi joue un rôle actif dans l’indépendance de Cuba, leur rhum est découvert,
et encensé, lors de concours et d’expositions
mondiales. La marque s’impose, si bien qu’en 1888, Bacardi devient le rhum officiel
de la Couronne espagnole.
En 1898, l’invasion américaine de Cuba, stabilise
quelque peu la situation politique de l’île et ouvre le marché américain au rhum Bacardi. Vers les mêmes années, Coca-Cola commence
à exporter son effervescent liquide vers Cuba,
le Cuba Libre est né. Plusieurs autres cocktails
voient le jour soit le Daïquiri, le Mojito, et le Bacardi Cocktail. Emilio Bacardi voit la compagnie
continuer de grandir, et prête main-forte à la reconstruction des dommages causés par le mouvement d’indépendance. Il est très respecté
et sera même maire de Santiago.
Vient ensuite la prohibition qui, loin de nuire à Bacardi, propulse son chiffre d’affaires toujours
plus haut. Une grande quantité de rhum est exportée, trouvant son chemin en Amérique par diverses routes clandestines. Au même moment,
des marées d’Américains visitent l’île, ce qui fait hausser significativement les ventes de rhum dans le pays.
C’est en 1936, que Bacardi installe une nouvelle distillerie à Porto Rico, associé aux États-Unis. Non seulement le rhum Bacardi allait pouvoir être exempté des taxes d’importations qui lui nuisaient jusqu’alors, mais cette nouvelle installation
allai garantir l’avenir de la compagnie.
Les années suivantes sont marquées par de grandes transformations dans la structure même
de Cuba. La première montée au pouvoir de Fulgencio Batista, la flambée de corruption, initiée
par la pègre américaine sur l’île, et bientôt,
le second coup d’État mené par Batista, font en sorte que chacun se tourne vers un jeune
avocat du nom de Fidel Castro dans l’espoir de voir revenir l’ordre dans Cuba. Cet espoir est mort né, car dès lors que la révolution porte ses fruits, il devient évident que Castro veut nationaliser
les industries du pays, et Bacardi n’y échapperait pas.
Voyant son rival « Havana Club » tomber sous le joug de la nationalisation, la compagnie déménage
ses actifs dans les facilités de Porto Rico et prend des mesures
légales afin que, partout dans le monde,
la marque Bacardi
soit reconnue et qu’aucun autre rhum ne puisse en usurper l’identité,
et ce, même s’il était produit dans leur ancienne distillerie.
Bacardi, qui avait déjà une distillerie
au Mexique, continue à prendre de l’expansion. La compagnie
à l’effigie de la chauve-souris ouvre des distilleries, au Brésil, au Canada, en Espagne et aux Bahamas, où elle établit aussi un centre
de contrôle de la qualité; établissant ainsi un standard mondial pour tous ses rhums où qu’ils soient produits.
Avec les années soixante, Bacardi lance une immense campagne de publicité, identifiant son rhum comme un ingrédient de choix pour effectuer des mélanges. La publicité porte ses fruits puisqu’en 1960, alors qu’elle arrive à Porto
Rico, Bacardi vend 1.7 million de caisses de rhum par année; quinze ans plus tard, c’est 10 millions de caisses qui sont vendues annuellement.
À ce jour, cette croissance est un record inégalé de par le monde. Bacardi est le spiritueux
le plus vendu aux États-Unis, toute catégorie
confondue, alors que commencent les années 1980.
Quelques grands coups allaient terminer de transformer Bacardi en ce qu’elle est aujourd’hui, soit la plus grande compagnie privée
au monde. Durant les années 1990, Bacardi
se porte acquéreur du groupe Martini & Rossi,
puis achète le Gin Bombay Sapphire ainsi
que le Scotch Dewar’s. En 2004, pour 2.2 milliards
de dollars, Bacardi achète la vodka Grey Goose à Sydney Frank, l’homme ayant popularisé
Jägermeister, une des plus grandes transactions
dans le domaine. Dès lors, armée de cet impressionnant portfolio, Bacardi s’impose sur tous les marchés comme une marque solide,
aux produits de la plus haute qualité qui soit, un oeil résolument tourné vers l’avenir.

L’histoire de la maison Bacardi en est une riche en retournements et en succès. Voyons comment des fils de maçon Catalan ont érigé en empire une des plus grandes compagnies privées au monde. Dans le port de Sitges, au début du dix-neuvième siècle, Magìn, Juan, José et Facundo Bacardi s’embarquent pour la prospère colonie espagnole de Santiago de Cuba. Ils ouvrent un magasin général et travaillent sans relâche se faisant d’excellentes réputations. EN SAVOIR PLUS…

Catégorie: Cocktails du mois

Cocktails du mois

Nos bartenders Monika «Hula» Beaulieu, Joe «Ai Kahiko» Haman et Danny «Ukulele» Rock, vous ont fabriqué de puissants «anti-caniculaires.» Sentez le vent des îles sur votre peau alors que ces nectars arrivent aux rives du verre ou remontent les pailles.

Un panorama tropical des plus alléchant !
Aloha Nui Loa !

EN SAVOIR PLUS…