«Tiki» est un terme signifiant aussi bien «homme» que «dieu». On appelle «tiki» ces sculptures de bois ou de pierre aux traits grossiers (voire effrayants)
que l’on retrouve
chez les peuples
des îles du Pacifique.
Alors, qu’est-ce qu’un «tiki» a à voir avec des cocktails?
Juste après la prohibition, en 1934 pour être précis, un homme, Ernest Raymond Baumont-Gantt, mieux connu sous le nom de Donn Beach, ouvre un nouveau
genre d’établissement. Son restaurant, Don the Beachcomber, est décoré d’artéfacts polynésiens
et de fleurs. On y sert de la cuisine exotique cantonaise et des cocktails fruités à base de rhum. Véritable paradis, à une époque où les gens n’ont pas les moyens de voyager (nous sommes en pleine crise économique), le petit débit de boisson de Hollywood
est synonyme de bien-être : les problèmes du monde n’existent plus, une fois à l’intérieur. On comprend alors l’engouement général pour l’ovni de Donn Beach… et aussi pourquoi à peine quelques années plus tard, plusieurs autres, dont Victor Bergeron,
s’empressent d’ouvrir à leur tour des restaurants
«tiki».
Le mouvement Tiki est né et bien portant!
Avec la fin de la guerre, la 2e, c’est l’explosion : plusieurs
militaires ont eu la chance, durant leur service,
de visiter les îles du Pacifique et un dîner dans un repère tiki, comme le Seven Seas, Trader Vic’s ou Don the Beachcomber, c’est, en quelque sorte, un peu comme y retourner!
Dans les années 1960, le tiki vole de ses propres ailes et quitte de plus en plus les bars : il est littéralement
partout, dans les hôtels, au mini-golf, au bowling, à la buanderie et même dans certains immeubles
à logements.
Mais toute mode s’essouffle, et le tiki n’échappe pas à la règle. Dès 1970, les «tikis-shacks» de l’Amérique
du Nord ferment un à un. On attribue souvent ce soudain désintéressement de la population à la guerre du Viêt-Nam. En effet, les images de huttes enflammées font le tour du globe et ne sont pas sans rappeler les cabanons de pailles faux-polynésiens.
Alors, est-ce que le tiki est complètement mort?
Non. Après bien des années de «survie» et d’acharnement
thérapeutique, le mouvement qui commençait
vraiment à ressembler à son cocktail signature,
le Zombie, renaît de ses cendres. Les décors hawaïens et les cocktails exotiques n’avaient pas dit leur dernier mot! La dernière décennie a assisté
à l’ouverture de plusieurs bars d’inspiration tiki. La musique y est plus actuelle et les cocktails, entre
autres grâce au travail d’orfèvre de Jeff «Beachbum
» Berry, aussi bons et élaborés que ceux qui sortaient des cuisines de Donn Beach.
Aloha ahiahi!
«Tiki» est un terme signifiant aussi bien «homme» que «dieu». On appelle «tiki» ces sculptures de bois ou de pierre aux traits grossiers (voire effrayants) que l’on retrouve chez les peuples des îles du Pacifique.
Alors, qu’est-ce qu’un «tiki» a à voir avec des cocktails?
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